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mardi 18 juin 2024

 Bonjour à tous,


Le -juin dernier, je suis intervenu dans un collège à Avion (près de Lens) pour parler de l'histoire de la déportation de Marie d'Affry. expérience très intéressante (mais aussi éprouvante).

Vous trouverez, ci-après, le lien pour télécharger la vidéo de retour des élèves (le fichier est trop lourd pour être mis à disposition directement sur ce blog) :

https://vimeo.com/957835098

Je suis à votre disposition pour vous passer les divers documents présentés lors de cette intervention :


Stéphane



Impressionnant, le mur du jardin de Ker Zan Mikel est tombé !

 

 

Pas d'inquiétude, il sera remonté en ... 2025.

Stéphane
 

   Naissance d'Amaka


Après Esmée et Eden, nées respectivement le 3 janvier et le 18 juillet 2021,
Pierrick et Sabine sont heureux d'accueillir une troisième petite-fille, Amaka, née le 17février2024
à Lannion, de Gaêlle de Mianville et Sean Osinashi,petite sœur d'Ikenna



  Ikenna et sa petite sœur.   
 
 
 Gaëlle et Amaka à 3mois


mercredi 6 septembre 2023


Marie-Lou, fille de Sybille et Jonathan Créquy née le 13 juillet 2023.

C'est la 60e des arrières arrières petits enfants de Jacques de Saint-Laurent et de Marie d'Affry de la Monnoye :




vendredi 18 août 2023

 

Vous trouverez, ci-après le texte du livret édité par Olivier de Schonen à l'occasion de la réunion de famille du 6 juin 2023.
S. Brunet




Histoire de Boisgasnier

Boisgasnier est un nom qui apparaît pour la première fois vers 1049. A l’origine, il désignait deux petits hameaux constitués de quelques fermes. Il existait le petit et le grand Boisgasnier. Les deux noms existent encore sur les cartes. De cette époque, il subsiste des ruines témoignant de l’existence du petit Boisgasnier et de puits.
L’actuel Boisgasnier a été construit vers 1820 / 1830 par Jean Gorteau, qui fut maire de Châteaudun, en se servant surtout de matériaux provenant de la démolition d’un vieux château (d’où les belles portes et les parquets).
Son fils, Jean-Jules Gorteau (1818-1898) célibataire et ancien magistrat à Châteaudun, en hérita. Il créa le parc en y faisant des vallonnements, en l’agrandissant du côté de la plaine.
Après sa retraite, il vint habiter Paris chez sa soeur Sophie Gorteau (1817-1886), épouse de Jacques Denis Montéage (1809-1885) mère de Marie Montéage épouse d’Albert de Schonen. La vie de Paris le séduisit. Délaissant Boisgasnier, il n’y passa plus que peu de temps chaque été. Vers la fin de sa vie, il partageait son temps entre Paris et Monte-Carlo, passant dans cette dernière ville une partie de ses
hivers. En revanche, il se désintéressait de plus en plus de Boisgasnier, n’y allant que pour régler des questions d’intérêt.
A son décès en 1898, il laissa par testament la propriété de Boisgasnier à son petit-neveu, André de Schonen (1869-1933), qu’il institua son légataire universel.
Le père d’André de Schonen (1869-1933), Albert de Schonen (1830-1885), avait épousé le 15 juillet 1868 Marie Montéage qui décéda le 15 mai 1869, peu de jours après la naissance de son fils André
survenue le 24 avril 1869.

Le château de Boisgasnier à Montigny-le-Gannelon (Eure-et-Loir)
avant les travaux d’agrandissement de 1907.

Cette maison n’était pas du tout conçue pour une famille d’où la nécessité qu’il y eut de l’aménager et de l’agrandir. C’est mon grand-père André de Schonen qui, en 1907, modifia la maison en en rehaussant d’un étage les toits terrasses des parties latérales, ce qui lui donna un aspect de Villa Italienne, très à la mode à l’époque. 

La demeure après les travaux de 1907

Chaque génération s’est appliquée à faire évoluer la maison en fonction des progrès de son temps. L’eau de la ville et l’électricité sont arrivées en 1947. La première salle d’eau, comme on disait à l’époque, a été aménagée à la ferme en 1962. 

La ferme a fait sa révolution agricole. J’ai connu vers le début des années 1960 cette cour vivante avec des poules, des cochons, des vaches, des  brebis et le dernier cheval dans l’écurie. Maintenant tout est silencieux. Le fermier n’habite plus sur place. Il cultive 2 fermes distantes de 10 kilomètres représentant une surface totale de 250 hectares. Avant le remembrement des années 1960, la ferme était composée d’environ 160 parcelles de terres. Il n’en demeure plus que 14.

Dauphine et moi nous nous attachons à rendre cette maison avenante et accueillante à tous en continuant de la moderniser tout en respectant son histoire.

Le dernier aménagement est la création d’une piscine, à l’emplacement de l’ancien potager de la ferme qui, nous l’espérons, fera la joie de nos enfants et petits-enfants.

Avec l’aide de Ghislain de Chocqueuse



Augustin de Schonen (1782-1849)


Généalogie de la Famille Schonen

Puisque vous portez le nom de Schonen ou que l’un ou l’une de vos ancêtres ou de ceux de votre conjoint l’a porté voici le résumé issu des archives et récits compilés aux XIIIe XVIIIe et XXe siècles de l’histoire de la généalogie familiale.

Cette généalogie mériterait d’être complétée par celles des épouses qui apportèrent de belles alliances et bon nombre d’ancêtres valeureux dans la famille.

Devise des Schonen :

Fais ce que dois et deviens ce que tu peux 


Les Schonen, originaire de Saxe sont de noblesse ancienne avec titre de baron du Saint Empire Romain Germanique obtenu vers 1494. Officiers sur plusieurs siècles en Saxe, en Suisse, au Luxembourg, au service de l’empereur d’Autriche, puis du roi d’Espagne, les Schonen ont depuis la fin du XVIIIe siècle opté pour la France et abandonné petit à petit la carrière des armes. Gaspard de Schonen a fait compiler l’histoire familiale par des généalogistes afin d’obtenir reconnaissance par le roi Louis XVI de la noblesse des Schonen en France. En ce qui concerne les récits remontant à de lointaines époques, il faut rester très prudent et faire preuve de sagacité pour partager entre ce qui pourrait relever de la légende (voir l’acte de 1257 dicté par un vieillard de 80 ans retraçant plusieurs siècles de l’histoire familiale) de faits réels souvent noyés dans un vocabulaire flatteur ayant pour but de valoriser les actions et les alliances de chaque génération aux yeux du roi. Les Schonen, ayant perdu beaucoup de leurs archives lors de la grande inondation de la ville de Sierck le 16 juillet 1750, nous ne pouvons donc que faire confiance pour l’essentiel à ce qui est transcrit dans 4 ouvrages. 

Le temps des Haken

Anonyme de Haken noble de Saxe né vers 1025 épousa Victoire de Meyendorff. Leur fils Sigard Haken chevalier né vers 1060 combattit du côté de Lothaire duc de Saxe contre l’empereur Henri et fut tué par Siegfried de Mansfeld à la bataille de Welsholz. Son fils Otton de Haken le vengea en tuant Mansfeld a cette même bataille. Né en 1089 il mourut au retour de cette bataille a 26 ans de ses blessures il avait épousé Melle de Salmenitz dont il eut 3 enfants : Frédéric, Turing et une fille. Turing de Haken, croisé en Terre Sainte en 1147 avec l’empereur Conrad III et Henri de Lion duc de Saxe, meurt en 1180 il avait épousé Melle de Büren. Il était le père de Asper de Haken né vers 1130 qui portait les armes pour Henri de Lion duc de Saxe et de Waldemar roi du Danemark. Ce dernier l’investit vers 1177 du gouvernement de la presqu’ile et province de Schondia ou Schonen (Actuelle Scanie) sur la Baltique en récompense de ses services ce qui provoqua une révolte contre lui de la noblesse du pays en 1180. Il se réfugia dans l’église St Laurent de Lund. Sa femme brava la foule avec leurs trois enfants : Otton, Gottfried et Waldpurge et le rejoignit dans l’église d’où ils s’échappèrent en fuyant par la baltique (Probablement le port de Lomma). Ils atteignirent les cotes de Pomeranie ou ils furent accueillis par le duc Bogeslas en considération du roi Waldemar. Le duc Bogeslas le surnomma « mon pauvre Schonen » ! nom que Asper adopta. Il avait épousé France de Abersperg dont il prit les armoiries : la fleur de lys, en hommage à son courage et en souvenir des périls partagés avec elle. Asper Schonen mourut à Flessen en Saxe en 1200.

La Suisse

Les Schonen s’établirent à Zürich en haute Allemagne (Suisse). Gottfried fils d’Asper, époux de Anne de Weiss bien qu’âgé de 80 ans aurait passé en 1257 un acte de famille au monastère de Wittingen dont son frère Henri était l’abbé. Cet acte avait vocation à retracer l’histoire de leurs ancêtres comme résumé ci-dessus. Son fils Jean épousa Gutta Binder, de Zürich, Leur fils Henri Schonen né vers 1248 fut l’un des 200 citoyens de Zürich qui suivirent l’empereur Rodolph 1er de Habsbourg contre le roi Otto de Bohème, il avait épousé Gutta Lavater. Suivirent Henri II Schonen époux de Dick Müller puis Rudolph Schonen trésorier de la république (Suisse) qui avait épousé Véréna Brünn. Leur fils Gottfried Schonen sénateur en 1374 conseiller d’état en 1379 participa à la bataille de Sompach en 1386 et perdit sa  dignité de sénateur dans les troubles de 1393. Il avait épousé Elisabeth Keller dont il eut un fils Rudolph II Schonen qui fut intendant des bâtiments en 1387 et avait pour femme Elisabeth Trügsesser Rasperwil et pour fils Frédéric Schonen dont la femme était Ursule Stüssi. En 1420 il devint sénateur grand bailli et en 1422 trésorier de la République. Il fut tué au combat de Tronbach le 22 mai 1443.

Le Luxembourg

Leur fils Rudolph III Schonen ayant subi de nombreuses pertes familiales et amicales dont son père, dans les combats pour la patrie décida dans les années 1460 de se rendre près de Maximilien archiduc d’Autriche et de se mettre à son service. Il participa à la rencontre avec Louis seigneur de la Tremoille ambassadeur de Charles VIII roi de France et se trouva sous les ordres de Engelbert comte de Nassau àla bataille de Guinegatte en 1479 ainsi qu’à beaucoup d’autres actions contre les ennemis de Maximilien. Pour remerciement , l’empereur lui accorda le titre de Baron et lui permit de timbrer son écu d’un aigle impérial. Il avait épousé Adelheid de Villers La Tour originaire du duché de Luxembourg. Leur fils Frédéric Schonen né vers 1486 porta les armes comme son père pour lesempereurs Maximilien et Charles Quint. Il se trouva à la bataille de Mulberg, servit avec le capitaine Häll dans le duché de Luxembourg en 1557 puis en Picardie. Dans son testament du 7 mars 1558 il nomma son épouse (2e noces) Claire de Burleiden et légua une médaille et chaine en or à l’effigie de l’empereur Rudolph 1er qui lui venait de Henri Schonen, à Jacques comte de Raville et seigneur de Septfontaines à qui il confia ses deux fils en bas âge en le priant de servir de père. Rudolph IV Schonen chevalier, né en 1540 fut gravement blessé au siège de Maastricht en 1579 ou il combattait en tant que capitaine centenier au service de la maison d’Espagne. Son épouse était Jeanne de Pallant. Leur fils Rudolph V de Schonen fut lui aussi au service du roi d’Espagne en tant que capitaine il fut tué à la bataille d’Avesne le 20 mai 1635 il avait épousé Marie de Raggi. Leur fils Théodore de Schonen se retrouva orphelin à l’âge de 13 mois. Il combattit aussi en tant que capitaine de régiment de cavalerie il fut 5 fois blessé, si gravement la dernière fois qu’en 1684 il fut nommé bailly d’épée à Igel, dépendance de Grevenmacher dans le duché de Luxembourg par le roi d’Espagne. Il perdit rapidement cette fonction car Charles II vendit la ville de Igel et à partir de 1688 il perdit beaucoup d’avantages qui ne furent pas reconnus par les successeurs du roi. Il avait épousé en 1685 Marguerite de Frantzen de Sierck. Il décida alors de s’établir pour sa retraite dans cette ville de Lorraine.

Sierck

Théodore fut nommé syndic de la ville et quand l’armée du général Marlborough vint camper en 1709 sur la montagne de Lourmel il offrit une belle somme pour rançon des habitants que les ennemis avaient fait prisonniers. Il mourut en 1726 sans avoir été remboursé. François Ernest de Schonen qui suivit fut l’époux de Anne Marie de Boler .Il ne porta pas longtemps les armes car de constitution fragile, mais remplit plusieurs charges dans la magistrature de Sierck. Le 27 septembre 1768 il reçut la reconnaissance de la ville sous forme d’un diplôme, en mémoire de son père qui avait payé la rançon des habitants prisonniers en 1709 (mais pas de remboursement). Il mourut à Sierck le 20 mars 1773. Ils eurent 5 enfants dont leur fils ainé François (sp) fit de grands biens à la ville de Sierck, c’était un scientifique, il contribua à relever la ville après les inondations. Son frère Gaspard de Schonen, né le 8 mars 1736, fut major du 4e régiment basé à St Denis. Il était dans le régiment suisse le « Royal Lorraine » chevalier de l’ordre ducal et militaire de Saint Louis. Il épousa Louise de Salis-Samade. C’est lui qui présenta des papiers de famille rédigés en latin, allemand et français (ont-ils résistés à l’inondation du 16 juillet 1750 à Sierck ?) et fait constituer par des généalogistes une histoire familiale allant jusqu’à lui-même et dans laquelle sont repris les renseignements donnés par l’acte de 1257 pour la partie la plus ancienne. L’acte de reconnaissance de noblesse en faveur des sieurs de Schonen établi en décembre 1789 par le roi Louis XVI à la demande de Gaspard de Schonen est basé sur la noblesse avec titre de baron du Saint Empire Romain Germanique acquise par leur ancêtre Rudolph III de Schonen peu après 1494.

Paris, Versailles, Boisgasnier, Toulinet

Leur fils Auguste de Schonen épousa en 1824 Cladie de Corcelle en 2e noces. Il était alors depuis 1811 substitut du procureur près de la cour impériale. Sa belle-sœur (la comtesse Roederer le qualifiait « d’excellente réputation et de grande popularité. La chaleur d’âme était dans sa charmante nature »). Ils perdirent tour à tour 3 garçons nommés Albert, le 4e du même prénom survécu puis eurent un petit Étienne qui ne survécu qu’un an avant la naissance d’un deuxième du même prénom. Il fut avocat général pendant les 100 jours, redescendit à la 2e Restauration aux fonctions de substitut. En 1819 il fut nommé conseiller à la cour royale. En 1827 il est élu député de la Seine ou il siégea avec les libéraux de l’époque. Il a joué un rôle prépondérant dans la révolution de 1830 ou il soutient le choix du nouveau Roi Louis Philippe. Il fut l’un des commissaires nommés pour conduire le roi Charles X à Cherbourg. Le nouveau roi le récompensa en le nommant procureur général à la cour des comptes et plus tard Pair de France.

Son fils Étienne de Schonen épousa Valentine Hennet de Goutel, leur fille Marie Thérèse épousa M d’Affry de la Monnoye dont une fille Marie devint la baronne de Saint Laurent, mère de 10 enfants et morte en déportation pour faits de résistance pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Albert de Schonen épousa Marie Montéage . C’est son oncle Jules Gorteau qui légua Boisgasnier à son décès en 1898 à la famille. Marie de Schonen mourut à la naissance de leur fils unique : André. Albert, ruiné depuis la guerre de 1870, seul, malade s’enferma dans sa propriété de Toulinet en Bretagne et mourut son fils étant âgé de 16 ans. André de Schonen épousa Louise de Felcourt d’une famille champenoise par son père et lorraine par sa mère. André partagea sa vie entre les sports et les arts. Il était champion d’escrime et champion de tir au pistolet et participa aux jeux olympiques de 1904. Il s’est engagé volontaire pour la guerre de 1914-1918 avec le grade de maréchal des logis de cavalerie. Il fut réformé en 1917 pour raisons de santé. Il mourut en 1933. André et Louise de Schonen furent les parents de 5 enfants dont nous descendons (ceux qui n’en descendent pas viennent d’Étienne de Schonen, frère d’Albert à l’origine des Saint-Laurent) : Hélène épousa Jacques de Beauchef de Servigny ; Jeanne épousa de Louis Coppier ; Olga (sp) ; Solange épousa Albert de Gantelmi d’Ille, Albert épousa en 1e noces Valedeta Grifeo di Partana et en 2e noces Yolaine de la Rochefoucauld.

Albert de Schonen diplômé en Droit et de l’Ecole Libre des Sciences Politiques se destinait à la haute administration lorsqu’éclata la deuxième guerre mondiale. Il est mobilisé en 1939 avec le grade de Lieutenant de cavalerie. Son attitude lui vaut la Croix de Guerre avec Palme. Par la suite il rejoindra le Général de Gaulle à Londres et participera à l’opération Jedburg. Il fut parachuté deux fois derrière les lignes ennemies pour coordonner l’action de la résistance avec les plans du haut commandement interalliés. Pour son action comme capitaine parachutiste de la France Libre, il lui sera décerné la Légion d’honneur et la « Military Cross » par le gouvernement Britannique. En Aout 1945, il commence une carrière de diplomate qu’il terminera comme Ambassadeur et qui le mènera à Dublin, Prague, Londres, Bruxelles, la Zambie, le République Centre Africaine, la FAO à Rome et la Nouvelle Zélande ainsi que dans le Pacifique. Il avait aussi été élu conseiller général d’Eure et Loir après la guerre. Sa carrière lui vaudra d’être Commandeur de la Légion d’honneur, Commandeur du Mérite nationale et Commandeur du Mérite agricole. Il décèdera à l’âge de 94 ans en 2007.

Par Gaëlle de La Roncière, Lyon le 28/02/2023


La famille de Saint Laurent



La famille de Saint Laurent constitue l'unique descendance d’Étienne de Schonen et a connu une part de destin tragique.

Des trois enfants d’Étienne, seule Marie -Thérèse s'était mariée, mais elle est devenue veuve prématurément car son mari, Emmanuel d'Affry de la Monnoye, est mort des fièvres à Majunga en 1895. Il était adjoint au commandant de l'artillerie de l’expédition militaire à Madagascar.

Sa fille Marie, née quelques mois avant, n'a donc jamais connu son père.

La famille d’Étienne de Schonen habitait Versailles mais venait l'été au Toulinet à Saint- Efflam en Plestin-les-Grèves, accueillie par Albert (qu'on va appeler l'ancien pour le distinguer de son petit-fils, l'ambassadeur). Il s'était fait construire une maison avec une vue magnifique sur la Lieue de Grève. C’est ainsi que la femme d'Étienne, Goum, découvrit, un jour en se promenant à cheval, le manoir du Leslac'h alors transformé en ferme. Étienne l'acheta sans tarder en 1898 et le fit remettre en état pour s'y installer.



On voit donc que c'est Albert qui est responsable de l'implantation de la famille de Saint Laurent à Plestin-les-Grèves,

Mais par quel mystère était-il venu à Plestin ?

D'après Albert (l'ambassadeur) il aurait été attiré par une dame, forcément très belle, parente de la famille de Kergariou et résidant au château de Lesmais en Plestin.

Marie d'Affry de la Monnoye, fille d'Emmanuel, épousa en 1918 le lieutenant d’artillerie Jacques de Saint Laurent né à Reims en1893.

Cet officier était élève de l’École Polytechnique quand la première guerre mondiale a éclaté. Il fut immédiatement envoyé au Front. Il avait, entre autres, deux particularités : n’ayant pas la langue dans sa poche, il n’hésitait pas à critiquer les options militaires de la France. Par ailleurs il n’avait aucun goût pour les mondanités. On comprend donc pourquoi il ne fut jamais honoré du grade de « général ». Il est vrai aussi qu’il était d’une santé très fragile et qu’il est mort prématurément en 1939 à 46 ans.

C’était un ingénieur, spécialiste en particulier de l’automobile, et il avait fabriqué avec des pièces de récupération une énorme voiture, baptisée « la Grosse Toto » pour transporter toute sa famille (10 enfants) ainsi que le personnel de maison. Il avait également installé l’électricité en son manoir du Leslac’h, grâce à un petit barrage sur le Yar permettant l’action d’une turbine.

C’était aussi, à ses heures perdues, un inventeur, mais très peu doué pour tirer profit de ses brevets.

A partir de 1919, son épouse exemplaire, fit preuve d’une indéfectible fidélité amoureuse en se lançant dans un parcours particulier de combattante, enchaînant enfantement sur enfantement jusqu’à 10 !

Marie chérissait beaucoup ses enfants et probablement davantage que son mari, plus intéressé par les engins mécaniques. Mais, malheureusement, elle en fut séparée brutalement et de manière tragique. En effet le 28 septembre 1941, un avion allié victime d'une avarie, fit un atterrissage forcé en pleine nuit sur la plage de Saint-Efflam juste en face du Toulinet. Encore un curieux clin d’œil du destin !

Les trois aviateurs purent s'échapper et se cacher chez les habitants du coin. Marie les accueillit au Leslac'h avant qu'ils ne soient acheminés clandestinement jusqu'à Nantes. Mais, peu de temps après, elle fut très probablement dénoncée et arrêtée par les Allemands. Déportée en Allemagne elle est décédée à Ravensbrück le 12 novembre 1944.


Voici donc la liste tant attendue des dix petits ou grands génies car, c'est bien connu, les Saint Laurent ont toujours méprisé la médiocrité. Remarquons toutefois que certains se sont révélés beaucoup plus brillants que d'autres mais on se gardera évidemment de dire lesquels !

1- Marguerite 1919-2020

Célibataire, appelée par tous « Maguy », décédée à 101 ans, record absolu dans la famille

Psychanalyste et peintre

Est devenue à 23 ans une courageuse chef de famille orpheline.


2- Jacques 1920-1945

Atteint d’une grave maladie et mort très jeune.


3- René 1921-2007

Marié à Caroline de Miribel, 6 enfants

Après l'arrestation de sa mère a rejoint clandestinement la deuxième division blindée du général Leclerc par l'Espagne et le Maroc. Puis entré à Saint-Gobain comme ingénieur verrier, il a gravi tous les échelons pour devenir ce que l’on appelle « un grand patron ».


4- François 1923-2000

Marié à Denise de Thé, 4 enfants

Lui aussi a dû se cacher après l’arrestation de sa mère en s’engageant dans le maquis des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur)

Ingénieur hydraulicien, il a eu connu son heure de gloire en obtenant son diplôme de médecine à 70 ans ! Bien sûr il n'a jamais exercé, mais cet exploit lui a surtout permis à l’époque d’être couvert de lauriers.


5- Térèse 1928-2011

Mariée à Marcel Louis

Après une expérience douloureuse comme religieuse dominicaine dont le couvent a été dissous par les autorités vaticanes, elle est devenue professeur de Lettres Modernes puis gérante de son camping près du Menez Hom dans le Finistère.


6- Michèle 1926-2003

Mariée à Gabriel Dechancé, divorcée, un enfant

Grande spécialiste des pagures et autres crustacés. Elle a identifié une espèce de crustacé qualifiée, comme le caelacante, de « fossile vivant » et l’a nommée neoglyphea inopinata. En hommage posthume, les chercheurs de la station biologique de Roscoff ont nommé Calastacus Laurentae une espèce de crevette récemment découverte.


7- Anne 1929

Mariée à Michel Desforges, divorcée, 3 enfants

Infirmière et astrologue patentée


8- Jean 1932

Après des études de médecine, l’a fort peu pratiquée et a suivi une carrière hospitalo-universitaire, s’occupant notamment d’imagerie par radio-éléments


9- Étienne 1934

Marié à Marie-Christine Émiry, 2 enfants dont l’un décédé jeune.

Professeur de lettres classiques et écrivain, malheureusement trop peu apprécié des éditeurs !

Président d'une association de défense de l'environnement.

Étienne dont Albert l'ambassadeur a soutenu qu'il ressemblait beaucoup physiquement à Albert l'ancien. Est-ce lui dont l'herbier est conservé au jardin botanique de Lyon qui lui a donné son goût des plantes au point de créer lui aussi un jardin botanique ?


10- Geneviève 1938-1982

Mariée à Gérard Brunet, 3 enfants

Géographe, décédée prématurément d’un accident de bicyclette.


Par Étienne de Saint Laurent






jeudi 8 juin 2023

 

Nouvel article basé sur les souvenirs de Jean, concernant le parc automobile du Leslac'h en1939 qui contenait :

 - La "grosse auto" que René appelait l'X

 - Une torpédo Citroën B12

 - Une conduite intérieure B14 (Photo de la B14 à Kerfanouil)

 - Un véhicule de service, appelée "le tacot" ou la Z

 - Une voiture électrique, dernière construction de mon père

De l'X, je n'ai qu'une médiocre photo prise vers 1970, la montrant rouillant dans le hangar à bois :



Le volant est à droite. Pour le châssis, plusieurs fois transformé, je me rappelle "Renault Lorraine", j'ai appris tardivement que ce ne signifiait pas "modèle Lorraine de Renault", mais "Société Renault-Lorraine" qui construisait des véhicules militaires. Le moteur est un gros V8 de fabrication Isotta Fraschini. Il a été adapté à un gazogène logé à gauche sous le capot qui fait toute la largeur du véhicule. Il y a deux boites de vitesses à trois rapports + MAR chacune, ce qui donne 10 rapports en MAV et 6 en MAR. Au milieu du large capot arrondi est un "nez" qui abrite le radiateur et un gros phare unique. Le pare-brise est en deux éléments plans formant un V incliné. Il est en verre avec grillage noyé dans son épaisseur (à KZM se voyait un échantillon de ce verre grillagé donné par René à Maguy après avoir détruit l'X). L'arrière est une sorte de pyramide aux arêtes très arrondies que l'on appelait "la pointe" (depuis longtemps détachée, elle n'apparait pas sur la photo). Au toit plat était associé une série de caisses à bagages de faible épaisseur que l'on appelait "les casiers". Je n'ai ni souvenir, ni document concernant la fabrication de cette voiture. L'équipement de mon père était modeste, il devait faire faire en extérieur soudures de châssis, découpage et formage des tôles, faisant lui-même plans et assemblage.

 La B12 version torpédo est une ex-voiture militaire récupérée par mon père après un incendie partiel.


Photo Internet d’une B12

Nous habitions alors à Luisant, près de Chartres. Je me rappelle l'arrivée de cette voiture, le grattage des inscriptions militaires avant repeinture en gris et la confection des plaques minéralogiques avec un pochoir maison, le tapotage de l'extrémité du pinceau porteur de peinture blanche. Un matin, mon père déjà parti, ma mère s'apprête à sortir avec cette voiture. Le moteur démarre, la première s'enclenche, l'embrayage fonctionne... et la voiture reste immobile. Agacement, coups d'accélérateur, rien n'y fait. Le soir, diagnostic paternel : rupture d'un arbre reliant le différentiel à une roue motrice. Ce jour-là, j'ai appris les mots "différentiel" et "pont arrière", objets compliqués que mon père ouvrait facilement, montrant des roues dentées couvertes d'huile.

Etienne : j'ai le souvenir que la Torpédo avait été récupérée après avoir été victime d'un incendie et que tout le monde s'y est mis pour la remettre en état.
C'est avec elle qu'on allait à Quimper, voir les cousins de Massol.

 La B14 a été achetée à une dame habitant St Efflam. Allant la chercher, mon père m'a emmené, nous sommes revenus dedans. Cette conduite intérieure alors en très bon état m'a paru luxueuse.



Au tableau de bord était une plaque sur laquelle était gravé le nom du propriétaire. Je me rappelle "Scornec" mais doute de ma mémoire. En 1940 le moteur a été démonté, pour éviter une réquisition. Remise en service après la libération, la B14 a été souvent conduite par Maguy ; avant qu'elle n'ait son permis elle se faisait accompagner par sa tante Marguerite qui avait son permis et ne s'en servait pas (près du garage du Leslac'h gisait une épave que nous appelions "la voiture de Tante". Il était admis qu'elle avait cessé de conduire après avoir percuté "le mur de la plage").

Etienne : Je me souviens très bien de la B14 et il me semble bien que ce soit avec elle qu'on a conduit Térèse à son couvent des dominicaines près de Lyon.

La B14 a fini à Kerfanouil, repeinte en orange en 1974 par nous autres enfants Brunet and co !


Le "tacot" était un ancien "taxi de la Marne", il avait peut-être servi de transport de troupe en 14-18, au Leslac'h il servait à transporter du bois de chauffage et divers matériaux. Transformé, l'arrière était un plateau tôlé. Pour l'adapter aux chemins de terre pentus, mon père avait remplacé les pneus AR par une couronne de fers en T soudés directement sur les jantes. Après un long service et malgré sa réputation d'être increvable, il a péri victime d'une fracture de bielle ; Maguy a rédigé un émouvant faire-part de deuil qui existe peut-être encore dans les archives.

 La voiture électrique eut une vie très courte et n'a pas, à ma connaissance, laissé de trace. C'était une construction étonnante. La base était un châssis récupéré avec ses trains roulants, suspension et freins. Au lieu de poser sièges et carrosserie sur les longerons du châssis, mon père a installé 4 sièges à l'extérieur de ces longerons, très bas. Les batteries étaient placées sur les longerons, c'étaient des modèles usuels au plomb ; les bagages prenaient place au-dessus. Le moteur était adapté à la traction avec inducteurs série, l'accélérateur commandait un simple rhéostat. La carrosserie, fabriquée au Lesla’h, simpliste était en contreplaqué peint en gris, large et remarquablement basse. Je n'ai le souvenir que d'une expérience de retour d'école dans cette voiture (de Plestin au Leslach). Elle était lente et des gamins couraient derrière à la même allure, mon père a ouvert sa portière sans s'arrêter et les a engueulés. La montée de la côte m'a parue interminable. Pendant l'occupation les batteries ont été dispersées, je n'ai aucun souvenir de démantèlement de cet engin.

 

Quelques photos autres de voitures pas vraiment identifiées :


Etienne : A mon avis sur la pose pique, c'est ma mère qui est accroupie et debout très certainement tante Marguerite.

C'est peut-être aussi elle sur l'autre photo :


Bonus : Illustration de la famille de Saint Laurent en route pour la grande pèche par M. Thérèse Lescar en 1924.




 

jeudi 23 février 2023

 Ancêtres Schönen

Résumé de Maguy de Saint-Laurent, 8 septembre 2013 / les photos de famille sont de Jean de Saint-Laurent.

En 177?, le comte d’Angiviller, recommanda mademoiselle Rosalie de Beauchamp (1753-1824), d’origine écossaise (mais sa famille est établie à Monaco depuis 3 générations),  comme lectrice à la reine Marie-Antoinette, alors Dauphine de France. 

Cette dernière, par l’entremise du précédent comte, la "marie" à l’écuyer du roi, Jean François André de Brunet, comte de Neuilly (1723-1788). De cette union, naîtront Achille (1777-1863) et Clémentine (1779-1842) de Neuilly.

A la Révolution, Rosalie et ses enfants tentent de rejoindre Hambourg. Mais ils ne parviennent qu’à Utrecht (Provinces-Unies). Achille s’engage dans l’armée des Princes. Il racontera plus tard ses aventures (expurgées) dans ses mémoires. Sous Napoléon, les enfants souhaitent rentrer en France (ne serait-ce que pour reprendre possession de leurs biens). Mais Rosalie ne reviendra pas tant que "l’usurpateur" sera au pouvoir. Privée de ressources, elle se reconvertit en « dame de toilettes » (vente de rubans et autres articles pour femmes). Elle concède cependant au retour en France de sa fille Clémentine, laquelle séjourne chez une tante Neuilly à Troyes. Clémentine fait connaissance et tombe amoureuse d’un certain Mandé Bailly de Barberey (1775-1845). Sa mère consent au mariage. 

A la Restauration, Mandé fait valoir auprès de Louis XVIII son droit à la charge héréditaire de valet de chambre (d’officier du Roi, autre source), demande qui est acceptée.

De l’union de Clémentine et Mandé naissent :

- Edouard Bailly de Barberey (1809-1875), époux de Louise Hugon, sans descendance,

- Maurice Bailly de Barberey (1818-1899), époux d’Hélène Roederer, sans descendance,

- Albertine Bailly de Barberey (1822-1885), laquelle épouse Albert Hennet de Goutel (1808-1879).

Clémentine bénéficie d’heureux retours de fortune. Pour commencer, un de ses oncles, André Hébert, un grand banquier français et  gouverneur de Pondichéry, la dote.

L’oncle Maurice de Barberey sera plus généreux encore pour la descendance de Clémentine, léguant toute sa fortune à sa petite-fille, Valentine la fille d’Albertine et Albert 

Valentine Hennet de Goutel « Goum » (1845-1936), épouse en 1865 Etienne de Schönen (1832-1916), fils d’Auguste de Schönen (1782-1849), Pair de France, Vice Pdt de la Chambre, Procureur Général à la Cour Royale). 

Les fils d’Auguste et de Cladie de Corcelle (1800-1882), Albert, puis son frère Etienne, tentent leur chance en Algérie où la famille obtient une concession (d’où les palmiers du Leslac'h). 



Les enfants d’Etienne et Valentine, Marie-Thérèse (1869-1916), Marguerite « tante » (1871-1957) et François (1872-1896) naissent en Algérie.



Quand il revient d’Algérie, Etienne, qui a été maire d’une commune près d’Alger, est nommé sous-préfet de Fougères. 

En Bretagne, Albert achète (fait construire d'après Etienne de Saint Laurent) vers 1890 le Toulinet, à Plestin (au-dessus de St-Efflam, caché dans les arbres). Etienne et Valentine y séjournent et découvrent le Leslac’h. C’est seulement au moment de la mort de l’oncle Maurice de Barberey en 1899 qu’ils pourront s’offrir le Leslach, ainsi que Versailles (la Colette, hôtel particulier de Mme de Pompadour, qui était auparavant loué). L’oncle de Barberey apportera également la propriété d’Enghien.


Marie-Thérèse de Schönen épouse Emmanuel d’Affry de la Monnoye (1850-1895), polytechnicien, officier d’artillerie. Ils auront une fille unique, Marie Anne Geneviève « Mimi » (1895-1944), notre grand mère. Emmanuel meurt à Majunga sans avoir connu sa fille.

Pour faire plaisir à l’oncle de Barberey, cette dernière s’appelle Clémentine à l’état-civil. Ce prénom disparaîtra dès la mort de l’oncle à héritage… 

dimanche 29 janvier 2023

 La turbine du Leslac'h (Témoignage de Jean de Saint Laurent)

L'installation hydroélectrique attenant au château du Leslac'h a été réalisée par mon père Charles Henri Marie Jacques de Saint Laurent.

Je suis né en 1932 et n'ai aucun souvenir de la construction de cette installation. Le seul document daté que je connaisse est une note dans un agenda du 03/01/1936 : "chgé le compteur M.Bésiers 63kw8. payé", ce qui signifie qu'à cette date l'installation fonctionnait et que mon père vendait de l'électricité.

L'installation comprenait:

- Un barrage établi en travers du Yar, modeste rivière qui se jette dans la baie de Lannion au lieu dit Pont ar Yar (en breton yar signifie poule)


- Une turbine entraînant une dynamo

- Une batterie d'accumulateurs de tension nominale 120 volts

- Un réseau de distribution avec compteurs alimentant le Leslac'h, Belle Roche et quelques fermes.

Le barrage est en maçonnerie courante, pierre et mortier, sans armature, haut de 2 à 3 mètres. Il comporte une ouverture fermée par une vanne en bois. La retenue est modeste et s'est remplie de vase et de plantes aquatiques, elle ne fonctionne pas comme une réserve d'eau. Pour gagner un peu de hauteur, un canal a été creusé en aval, court-circuitant un méandre du Yar en créant une petite ile. En rive gauche, le barrage est relié au bâtiment de la turbine par un petit canal en béton, muni à son entrée d'une grille de retenue des déchets flottants. Pour la maintenance de la turbine, cette entrée peut être fermée par un jeu de planches que la pression de l'eau maintient, tout simplement.

Le bâtiment de la turbine est une petite cahute en briquettes de béton couverte en tôle ondulée. Il est en grande partie occupé par le puits de la turbine, qui est entièrement immergée; n'apparaissent au dessus de l'eau que l'arbre de sortie vertical et la barre de commande des ailettes de réglage.



Je n'ai pas de souvenir précis de la structure de la turbine, ni de son origine. Etant donné la propension de mon père à se fournir par récupération ou occasion, elle ne devait pas être neuve. 

Deux éléments sont importants pour l'histoire des mésaventures de la turbine du Leslac'h:

- le pivot en bois de gaïac

- l'extrémité supérieure de l'arbre du rotor.

Cet arbre se termine par un épaulement muni de trois grosses dents, entre lesquelles s'insèrent les dents complémentaires de l'arbre de sortie. L'arbre de sortie passe dans un roulement à billes porté par une poutre transversale et porte une grande poulie en bois. La dynamo montée initialement est une grosse machine munie d'un inducteur à quatre pôles. Construite pour fonctionner avec son axe horizontal, Mon père l'a installée verticalement.

La batterie d'accumulateurs est installée dans un bâtiment attenant au Leslac'h, occupant une longue pièce sans fenêtre séparée d'un garage par une mauvaise cloison en bois. Chaque élément est logé un grand bac en verre*. C'est avec une curiosité craintive qu'enfant j'entrais dans la sombre "chambre aux accus", avec son odeur piquante, son inscription "Défense de fumer" et la crainte associée à un fort méchant liquide, l'acide sulfurique. La cloison séparant la chambre aux accus du garage porte le tableau de bord, du genre "provisoire qui dure", avec fort beaux voltmètre et ampèremètres montés à la diable. La batterie sert de régulateur autant que de réserve. La turbine, avec son réglage manuel sommaire du vannage, adapte sa vitesse à l'effort fourni. Quand le débit du Yar est faible, il est possible de charger successivement sous 60 volts les deux moitiés de la batterie. Quand le débit est important et la demande faible, la tension peut atteindre 140 volts.


Hors Leslac'h, la distribution se fait par fils nus sur isolateurs en verre portés par des poteaux en bois. Un de mes plus anciens souvenirs, bien sûr remanié, est celui de la grosse dynamo et de mon père expliquant que l'huile du palier supérieur avait coulé sur le collecteur en faisant des mauvais contacts, mais qu'il avait réparé ça avec un rond en tôle qui envoyait l'huile à côté. J'ai ainsi appris que le collecteur était cette couronne de cuivre brillant qui crachait de petites étincelles.

La turbine a eu grande place dans mon enfance, sachant que l'on désignait par "la turbine" barrage, rivière, pont et petite maison cachant turbine et dynamo. C'était un lieu où les promenades menaient fréquemment. Pendant l'occupation allemande, point d'automobile, les catholiques du Leslac'h allaient rituellement à la messe du dimanche de Tréduder, à pied, passant par le chemin de la turbine que j'écoutais en la longeant. Sans ouvrir la porte cadenassée de son abri, il était important d'entendre le son de la turbine, un son modéré, pas désagréable. La base de ce son venait du mouvement de l'eau et des vibrations de la courroie. Bien distinct, le bruit de la dynamo évoquait un vol d'insecte, il était produit par le frottement des balais sur le collecteur. La composante la plus caractéristique, donnant un rythme, était le "clap" périodique du fermoir de la courroie passant sur la poulie de la dynamo.

Après la mort de mon père (24/12/1939), l'entretien de la turbine a été fait par mes frères René et François, au gré de leur présence au Leslac'h, un peu par moi tardivement, mais surtout par Henri Olivier, le métayer du Leslac'h. Henri avait participé à la construction, il en parlait avec une nostalgie respectueuse: "c'est que c'est du travail fait par Monsieur et moi"; 'Monsieur' était le seul terme qu'il employât pour désigner mon père. Réputé peu fiable et peu actif, il tenait à "sa" turbine et à son électricité gratuite (lui n'avait pas de compteur). 

Un premier gros ennui vint de la rupture de la cage de la grosse dynamo; non, elle n'aimait pas être debout ! Longtemps, elle a attendu dans un garage une réparation qui n'est jamais venue. Elle a été remplacée par une machine un peu plus modeste, prudemment installée avec son axe horizontal. Cette disposition exigeait une courroie adaptée au travail croisé, plus coûteuse et s'usant plus vite que la courroie initiale.

Deuxième événement fâcheux, l'usure des dents de l'arbre de la turbine, telle qu'elle n'entrainait plus l'arbre de sortie. Le forgeron du coin (St Sébastien) a fait deux colliers adaptés aux épaulements des deux arbres et réunis par deux pattes (Fig. 4). Cela marchait, non sans problèmes, les boulons se desserraient, l'adhérence des colliers était médiocre. A cette époque j'étais assez grand pour aller seul resserrer les boulons. Il fallait fermer le canal d'arrivée avec les planches et descendre dans le puits de la turbine où coulait toujours un peu d'eau.




Tout a une fin... même le bois de gaïac. Le pivot qui supportait le poids du rotor depuis plus de vingt ans a fini sa carrière par usure normale. Il n'a pas été question de retrouver du bois de gaïac, mais il a été remplacé par une pièce en bois d'if. J'étais là quand le charron du coin (il habitait Poul Boquès) s'est chargé de le tailler. Henri lui suggérait d'aller à Plestin utiliser un tour, mais il a dit pas la peine, je vais le tailler la hachette, ce qu'il a fait sous mes yeux. Cela a marché, pas longtemps, l'if est bien moins dur que le gaïac.

Brouillé avec le calendrier, je ne sais à quelle date exacte l'eau du Yar a cessé de nous apporter des watts, un peu après 1950 me parait probable. Je n'ai pas de souvenir d'une cérémonie d'adieu à la turbine qui la méritait bien, elle a éclairé une bonne partie de mon enfance. Sans doute gît-elle encore sous les décombres, attendant les fouilles de quelque archéologue à venir.

vendredi 27 janvier 2023

Nouvelle boite de nuit pour aliens à Saint Michel ?








Ker Zan Mikel nuit du 31/12/22 au 1/1/23




 

vendredi 13 janvier 2023

Cousinade Schonen le 4 juillet 2020 à Boisganier

Suite aux différents événements liés au Covid, ce "déjeuner de famille" a été repositionné au 3 juin 2023.



Avec un an d'avance (quelle belle organisation!), nous sommes tous invités, en tant que descendants (ou conjoints de descendant) d'Augustin de Schonen* à un très amical déjeuner de famille chez Olivier de Schonen le 4 juillet 2020… Merci de faire suivre à tous ceux qui ne liraient pas ces lignes.

Voici le carton officiel :
*En fait appelé le plus souvent Auguste. On trouvera sur ce lien des éléments biographiques sur ce personnage historique, y compris l'amusante anecdote du Château de l'Aigle… Et aussi cette explication de notre parenté : Marie d'Affry, notre grand-mère, était la cousine germaine d'André de Schonen, grand-père d'Olivier. Tous deux étaient des petits-enfants d'Auguste-Augustin, dont le portrait trônait dans la salle à manger du Leslac'h jusqu'en 2008.

jeudi 12 janvier 2023

 Mémoire de Nicolas Dare :



Guyot Dare 1454 - 1544
Guillaume Dare 1497 - 1575 x Catherine Millot
Nicolas Dare 1534 - 1602 x Jehanne Vireloux ... - 1587
Nicolas Dare 1564 - ... x Marie d'Aultruy
Catherine Dare 1589 - ... x Charles Collet
Marguerite Collet ... - ... x Jean-Baptiste Ludot 1617 - 1662
Francois Ludot 1650 - 1713 x Marie Quinot ... - ...
Marie Louise Ludot ... - ... x Alexandre Chastel 1714 - 1790
Jeanne Chastel ... - ... x Nicolas Bailly ... - ...
Mandé Bailly de Barberey 1775 - 1845 x Clémentine Brunet de Neuilly 1780 - 1842
Louise Bailly de Barberey 1822 - 1885 x Albert Hennet de Goutel 1808 - 1879
Valentine Hennet de Goutel (Goum) 1845 - 1942  x Etienne de Schonen 1832 - 1916
Marie-Thérèse de Schonen 1869 - 1916 x Emmanuel d'Affry de la Monnoye 1854 - 1895
Marie d'Affry de la Monnoye 1895 - 1944 x Jacques de Saint Laurent 1893 - 1939