Nouvel article basé sur les souvenirs de Jean, concernant
le parc automobile du Leslac'h en1939 qui contenait :
- La "grosse auto" que René appelait l'X
- Une torpédo Citroën B12
- Une conduite intérieure B14 (Photo de la B14 à Kerfanouil)
- Un véhicule de service, appelée "le tacot" ou la Z
- Une voiture électrique, dernière construction de mon père
De l'X, je n'ai qu'une
médiocre photo prise vers 1970, la montrant rouillant dans le hangar à bois :
Le volant est à droite. Pour le châssis,
plusieurs fois transformé, je me rappelle "Renault Lorraine", j'ai
appris tardivement que ce ne signifiait pas "modèle Lorraine de
Renault", mais "Société Renault-Lorraine" qui construisait des
véhicules militaires. Le moteur est un gros V8 de fabrication Isotta Fraschini.
Il a été adapté à un gazogène logé à gauche sous le capot qui fait toute la
largeur du véhicule. Il y a deux boites de vitesses à trois rapports + MAR
chacune, ce qui donne 10 rapports en MAV et 6 en MAR. Au milieu du large capot
arrondi est un "nez" qui abrite le radiateur et un gros phare unique.
Le pare-brise est en deux éléments plans formant un V incliné. Il est en verre
avec grillage noyé dans son épaisseur (à KZM se voyait un échantillon de ce
verre grillagé donné par René à Maguy après avoir détruit l'X). L'arrière est
une sorte de pyramide aux arêtes très arrondies que l'on appelait "la
pointe" (depuis longtemps détachée, elle n'apparait pas sur la photo). Au
toit plat était associé une série de caisses à bagages de faible épaisseur que
l'on appelait "les casiers". Je n'ai ni souvenir, ni document
concernant la fabrication de cette voiture. L'équipement de mon père était
modeste, il devait faire faire en extérieur soudures de châssis, découpage et
formage des tôles, faisant lui-même plans et assemblage.
La B12 version torpédo
est une ex-voiture militaire récupérée par mon père après un incendie partiel.
Photo Internet d’une B12
Nous habitions alors à Luisant, près de
Chartres. Je me rappelle l'arrivée de cette voiture, le grattage des
inscriptions militaires avant repeinture en gris et la confection des plaques
minéralogiques avec un pochoir maison, le tapotage de l'extrémité du pinceau
porteur de peinture blanche. Un matin, mon père déjà parti, ma mère s'apprête à
sortir avec cette voiture. Le moteur démarre, la première s'enclenche, l'embrayage
fonctionne... et la voiture reste immobile. Agacement, coups d'accélérateur,
rien n'y fait. Le soir, diagnostic paternel : rupture d'un arbre reliant le
différentiel à une roue motrice. Ce jour-là, j'ai appris les mots
"différentiel" et "pont arrière", objets compliqués que mon
père ouvrait facilement, montrant des roues dentées couvertes d'huile.
Etienne : j'ai le souvenir que la Torpédo avait été récupérée après avoir été
victime d'un incendie et que tout le monde s'y est mis pour la remettre en
état.
C'est avec elle qu'on allait à Quimper, voir les cousins de Massol.
La B14 a été
achetée à une dame habitant St Efflam. Allant la chercher, mon père m'a emmené,
nous sommes revenus dedans. Cette conduite intérieure alors en très bon état
m'a paru luxueuse.
Au tableau de bord était une plaque sur
laquelle était gravé le nom du propriétaire. Je me rappelle "Scornec"
mais doute de ma mémoire. En 1940 le moteur a été démonté, pour éviter une
réquisition. Remise en service après la libération, la B14 a été souvent
conduite par Maguy ; avant qu'elle n'ait son permis elle se faisait accompagner
par sa tante Marguerite qui avait son permis et ne s'en servait pas (près du
garage du Leslac'h gisait une épave que nous appelions "la voiture de
Tante". Il était admis qu'elle avait cessé de conduire après avoir percuté
"le mur de la plage").
Etienne : Je me souviens très bien de la B14 et il me semble bien que ce soit avec elle qu'on a conduit Térèse à son couvent des dominicaines près de Lyon.
La B14 a fini à Kerfanouil, repeinte en orange en 1974 par nous autres enfants Brunet and co !
Le "tacot" était un ancien "taxi de la Marne", il avait peut-être servi de transport de troupe en 14-18, au Leslac'h il servait à transporter du bois de chauffage et divers matériaux. Transformé, l'arrière était un plateau tôlé. Pour l'adapter aux chemins de terre pentus, mon père avait remplacé les pneus AR par une couronne de fers en T soudés directement sur les jantes. Après un long service et malgré sa réputation d'être increvable, il a péri victime d'une fracture de bielle ; Maguy a rédigé un émouvant faire-part de deuil qui existe peut-être encore dans les archives.
La voiture électrique eut
une vie très courte et n'a pas, à ma connaissance, laissé de trace. C'était une
construction étonnante. La base était un châssis récupéré avec ses trains
roulants, suspension et freins. Au lieu de poser sièges et carrosserie sur les
longerons du châssis, mon père a installé 4 sièges à l'extérieur de ces
longerons, très bas. Les batteries étaient placées sur les longerons, c'étaient
des modèles usuels au plomb ; les bagages prenaient place au-dessus. Le moteur
était adapté à la traction avec inducteurs série, l'accélérateur commandait un
simple rhéostat. La carrosserie, fabriquée au Lesla’h, simpliste était en
contreplaqué peint en gris, large et remarquablement basse. Je n'ai le souvenir
que d'une expérience de retour d'école dans cette voiture (de Plestin au
Leslach). Elle était lente et des gamins couraient derrière à la même allure,
mon père a ouvert sa portière sans s'arrêter et les a engueulés. La montée de
la côte m'a parue interminable. Pendant l'occupation les batteries ont été
dispersées, je n'ai aucun souvenir de démantèlement de cet engin.
Quelques photos autres de voitures pas vraiment identifiées :
Etienne : A mon avis sur la pose pique, c'est ma mère qui est accroupie et debout très certainement tante Marguerite.
C'est peut-être
aussi elle sur l'autre photo :
super article; merci!; qu'est-ce qu'on a joué dans l'X, à la scierie. Papa(René) l'a donné un jour à un Monsieur passé nous voir au Leslac'h, qui a dit qu'il allait la restaurer mais n'a pas gardé le nom et l'adresse de cette personne( à rechercher s'ilen a reçu un courrier dans ses dossiers de lettres reçues!)
RépondreSupprimerJe me souviens bien aussi la réflexion de René: Après guerre il y avait en tout dix automobiles sur Plestin dont cinq au Leslac'h" ; Faites le compte
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