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vendredi 18 août 2023

 

Vous trouverez, ci-après le texte du livret édité par Olivier de Schonen à l'occasion de la réunion de famille du 6 juin 2023.
S. Brunet




Histoire de Boisgasnier

Boisgasnier est un nom qui apparaît pour la première fois vers 1049. A l’origine, il désignait deux petits hameaux constitués de quelques fermes. Il existait le petit et le grand Boisgasnier. Les deux noms existent encore sur les cartes. De cette époque, il subsiste des ruines témoignant de l’existence du petit Boisgasnier et de puits.
L’actuel Boisgasnier a été construit vers 1820 / 1830 par Jean Gorteau, qui fut maire de Châteaudun, en se servant surtout de matériaux provenant de la démolition d’un vieux château (d’où les belles portes et les parquets).
Son fils, Jean-Jules Gorteau (1818-1898) célibataire et ancien magistrat à Châteaudun, en hérita. Il créa le parc en y faisant des vallonnements, en l’agrandissant du côté de la plaine.
Après sa retraite, il vint habiter Paris chez sa soeur Sophie Gorteau (1817-1886), épouse de Jacques Denis Montéage (1809-1885) mère de Marie Montéage épouse d’Albert de Schonen. La vie de Paris le séduisit. Délaissant Boisgasnier, il n’y passa plus que peu de temps chaque été. Vers la fin de sa vie, il partageait son temps entre Paris et Monte-Carlo, passant dans cette dernière ville une partie de ses
hivers. En revanche, il se désintéressait de plus en plus de Boisgasnier, n’y allant que pour régler des questions d’intérêt.
A son décès en 1898, il laissa par testament la propriété de Boisgasnier à son petit-neveu, André de Schonen (1869-1933), qu’il institua son légataire universel.
Le père d’André de Schonen (1869-1933), Albert de Schonen (1830-1885), avait épousé le 15 juillet 1868 Marie Montéage qui décéda le 15 mai 1869, peu de jours après la naissance de son fils André
survenue le 24 avril 1869.

Le château de Boisgasnier à Montigny-le-Gannelon (Eure-et-Loir)
avant les travaux d’agrandissement de 1907.

Cette maison n’était pas du tout conçue pour une famille d’où la nécessité qu’il y eut de l’aménager et de l’agrandir. C’est mon grand-père André de Schonen qui, en 1907, modifia la maison en en rehaussant d’un étage les toits terrasses des parties latérales, ce qui lui donna un aspect de Villa Italienne, très à la mode à l’époque. 

La demeure après les travaux de 1907

Chaque génération s’est appliquée à faire évoluer la maison en fonction des progrès de son temps. L’eau de la ville et l’électricité sont arrivées en 1947. La première salle d’eau, comme on disait à l’époque, a été aménagée à la ferme en 1962. 

La ferme a fait sa révolution agricole. J’ai connu vers le début des années 1960 cette cour vivante avec des poules, des cochons, des vaches, des  brebis et le dernier cheval dans l’écurie. Maintenant tout est silencieux. Le fermier n’habite plus sur place. Il cultive 2 fermes distantes de 10 kilomètres représentant une surface totale de 250 hectares. Avant le remembrement des années 1960, la ferme était composée d’environ 160 parcelles de terres. Il n’en demeure plus que 14.

Dauphine et moi nous nous attachons à rendre cette maison avenante et accueillante à tous en continuant de la moderniser tout en respectant son histoire.

Le dernier aménagement est la création d’une piscine, à l’emplacement de l’ancien potager de la ferme qui, nous l’espérons, fera la joie de nos enfants et petits-enfants.

Avec l’aide de Ghislain de Chocqueuse



Augustin de Schonen (1782-1849)


Généalogie de la Famille Schonen

Puisque vous portez le nom de Schonen ou que l’un ou l’une de vos ancêtres ou de ceux de votre conjoint l’a porté voici le résumé issu des archives et récits compilés aux XIIIe XVIIIe et XXe siècles de l’histoire de la généalogie familiale.

Cette généalogie mériterait d’être complétée par celles des épouses qui apportèrent de belles alliances et bon nombre d’ancêtres valeureux dans la famille.

Devise des Schonen :

Fais ce que dois et deviens ce que tu peux 


Les Schonen, originaire de Saxe sont de noblesse ancienne avec titre de baron du Saint Empire Romain Germanique obtenu vers 1494. Officiers sur plusieurs siècles en Saxe, en Suisse, au Luxembourg, au service de l’empereur d’Autriche, puis du roi d’Espagne, les Schonen ont depuis la fin du XVIIIe siècle opté pour la France et abandonné petit à petit la carrière des armes. Gaspard de Schonen a fait compiler l’histoire familiale par des généalogistes afin d’obtenir reconnaissance par le roi Louis XVI de la noblesse des Schonen en France. En ce qui concerne les récits remontant à de lointaines époques, il faut rester très prudent et faire preuve de sagacité pour partager entre ce qui pourrait relever de la légende (voir l’acte de 1257 dicté par un vieillard de 80 ans retraçant plusieurs siècles de l’histoire familiale) de faits réels souvent noyés dans un vocabulaire flatteur ayant pour but de valoriser les actions et les alliances de chaque génération aux yeux du roi. Les Schonen, ayant perdu beaucoup de leurs archives lors de la grande inondation de la ville de Sierck le 16 juillet 1750, nous ne pouvons donc que faire confiance pour l’essentiel à ce qui est transcrit dans 4 ouvrages. 

Le temps des Haken

Anonyme de Haken noble de Saxe né vers 1025 épousa Victoire de Meyendorff. Leur fils Sigard Haken chevalier né vers 1060 combattit du côté de Lothaire duc de Saxe contre l’empereur Henri et fut tué par Siegfried de Mansfeld à la bataille de Welsholz. Son fils Otton de Haken le vengea en tuant Mansfeld a cette même bataille. Né en 1089 il mourut au retour de cette bataille a 26 ans de ses blessures il avait épousé Melle de Salmenitz dont il eut 3 enfants : Frédéric, Turing et une fille. Turing de Haken, croisé en Terre Sainte en 1147 avec l’empereur Conrad III et Henri de Lion duc de Saxe, meurt en 1180 il avait épousé Melle de Büren. Il était le père de Asper de Haken né vers 1130 qui portait les armes pour Henri de Lion duc de Saxe et de Waldemar roi du Danemark. Ce dernier l’investit vers 1177 du gouvernement de la presqu’ile et province de Schondia ou Schonen (Actuelle Scanie) sur la Baltique en récompense de ses services ce qui provoqua une révolte contre lui de la noblesse du pays en 1180. Il se réfugia dans l’église St Laurent de Lund. Sa femme brava la foule avec leurs trois enfants : Otton, Gottfried et Waldpurge et le rejoignit dans l’église d’où ils s’échappèrent en fuyant par la baltique (Probablement le port de Lomma). Ils atteignirent les cotes de Pomeranie ou ils furent accueillis par le duc Bogeslas en considération du roi Waldemar. Le duc Bogeslas le surnomma « mon pauvre Schonen » ! nom que Asper adopta. Il avait épousé France de Abersperg dont il prit les armoiries : la fleur de lys, en hommage à son courage et en souvenir des périls partagés avec elle. Asper Schonen mourut à Flessen en Saxe en 1200.

La Suisse

Les Schonen s’établirent à Zürich en haute Allemagne (Suisse). Gottfried fils d’Asper, époux de Anne de Weiss bien qu’âgé de 80 ans aurait passé en 1257 un acte de famille au monastère de Wittingen dont son frère Henri était l’abbé. Cet acte avait vocation à retracer l’histoire de leurs ancêtres comme résumé ci-dessus. Son fils Jean épousa Gutta Binder, de Zürich, Leur fils Henri Schonen né vers 1248 fut l’un des 200 citoyens de Zürich qui suivirent l’empereur Rodolph 1er de Habsbourg contre le roi Otto de Bohème, il avait épousé Gutta Lavater. Suivirent Henri II Schonen époux de Dick Müller puis Rudolph Schonen trésorier de la république (Suisse) qui avait épousé Véréna Brünn. Leur fils Gottfried Schonen sénateur en 1374 conseiller d’état en 1379 participa à la bataille de Sompach en 1386 et perdit sa  dignité de sénateur dans les troubles de 1393. Il avait épousé Elisabeth Keller dont il eut un fils Rudolph II Schonen qui fut intendant des bâtiments en 1387 et avait pour femme Elisabeth Trügsesser Rasperwil et pour fils Frédéric Schonen dont la femme était Ursule Stüssi. En 1420 il devint sénateur grand bailli et en 1422 trésorier de la République. Il fut tué au combat de Tronbach le 22 mai 1443.

Le Luxembourg

Leur fils Rudolph III Schonen ayant subi de nombreuses pertes familiales et amicales dont son père, dans les combats pour la patrie décida dans les années 1460 de se rendre près de Maximilien archiduc d’Autriche et de se mettre à son service. Il participa à la rencontre avec Louis seigneur de la Tremoille ambassadeur de Charles VIII roi de France et se trouva sous les ordres de Engelbert comte de Nassau àla bataille de Guinegatte en 1479 ainsi qu’à beaucoup d’autres actions contre les ennemis de Maximilien. Pour remerciement , l’empereur lui accorda le titre de Baron et lui permit de timbrer son écu d’un aigle impérial. Il avait épousé Adelheid de Villers La Tour originaire du duché de Luxembourg. Leur fils Frédéric Schonen né vers 1486 porta les armes comme son père pour lesempereurs Maximilien et Charles Quint. Il se trouva à la bataille de Mulberg, servit avec le capitaine Häll dans le duché de Luxembourg en 1557 puis en Picardie. Dans son testament du 7 mars 1558 il nomma son épouse (2e noces) Claire de Burleiden et légua une médaille et chaine en or à l’effigie de l’empereur Rudolph 1er qui lui venait de Henri Schonen, à Jacques comte de Raville et seigneur de Septfontaines à qui il confia ses deux fils en bas âge en le priant de servir de père. Rudolph IV Schonen chevalier, né en 1540 fut gravement blessé au siège de Maastricht en 1579 ou il combattait en tant que capitaine centenier au service de la maison d’Espagne. Son épouse était Jeanne de Pallant. Leur fils Rudolph V de Schonen fut lui aussi au service du roi d’Espagne en tant que capitaine il fut tué à la bataille d’Avesne le 20 mai 1635 il avait épousé Marie de Raggi. Leur fils Théodore de Schonen se retrouva orphelin à l’âge de 13 mois. Il combattit aussi en tant que capitaine de régiment de cavalerie il fut 5 fois blessé, si gravement la dernière fois qu’en 1684 il fut nommé bailly d’épée à Igel, dépendance de Grevenmacher dans le duché de Luxembourg par le roi d’Espagne. Il perdit rapidement cette fonction car Charles II vendit la ville de Igel et à partir de 1688 il perdit beaucoup d’avantages qui ne furent pas reconnus par les successeurs du roi. Il avait épousé en 1685 Marguerite de Frantzen de Sierck. Il décida alors de s’établir pour sa retraite dans cette ville de Lorraine.

Sierck

Théodore fut nommé syndic de la ville et quand l’armée du général Marlborough vint camper en 1709 sur la montagne de Lourmel il offrit une belle somme pour rançon des habitants que les ennemis avaient fait prisonniers. Il mourut en 1726 sans avoir été remboursé. François Ernest de Schonen qui suivit fut l’époux de Anne Marie de Boler .Il ne porta pas longtemps les armes car de constitution fragile, mais remplit plusieurs charges dans la magistrature de Sierck. Le 27 septembre 1768 il reçut la reconnaissance de la ville sous forme d’un diplôme, en mémoire de son père qui avait payé la rançon des habitants prisonniers en 1709 (mais pas de remboursement). Il mourut à Sierck le 20 mars 1773. Ils eurent 5 enfants dont leur fils ainé François (sp) fit de grands biens à la ville de Sierck, c’était un scientifique, il contribua à relever la ville après les inondations. Son frère Gaspard de Schonen, né le 8 mars 1736, fut major du 4e régiment basé à St Denis. Il était dans le régiment suisse le « Royal Lorraine » chevalier de l’ordre ducal et militaire de Saint Louis. Il épousa Louise de Salis-Samade. C’est lui qui présenta des papiers de famille rédigés en latin, allemand et français (ont-ils résistés à l’inondation du 16 juillet 1750 à Sierck ?) et fait constituer par des généalogistes une histoire familiale allant jusqu’à lui-même et dans laquelle sont repris les renseignements donnés par l’acte de 1257 pour la partie la plus ancienne. L’acte de reconnaissance de noblesse en faveur des sieurs de Schonen établi en décembre 1789 par le roi Louis XVI à la demande de Gaspard de Schonen est basé sur la noblesse avec titre de baron du Saint Empire Romain Germanique acquise par leur ancêtre Rudolph III de Schonen peu après 1494.

Paris, Versailles, Boisgasnier, Toulinet

Leur fils Auguste de Schonen épousa en 1824 Cladie de Corcelle en 2e noces. Il était alors depuis 1811 substitut du procureur près de la cour impériale. Sa belle-sœur (la comtesse Roederer le qualifiait « d’excellente réputation et de grande popularité. La chaleur d’âme était dans sa charmante nature »). Ils perdirent tour à tour 3 garçons nommés Albert, le 4e du même prénom survécu puis eurent un petit Étienne qui ne survécu qu’un an avant la naissance d’un deuxième du même prénom. Il fut avocat général pendant les 100 jours, redescendit à la 2e Restauration aux fonctions de substitut. En 1819 il fut nommé conseiller à la cour royale. En 1827 il est élu député de la Seine ou il siégea avec les libéraux de l’époque. Il a joué un rôle prépondérant dans la révolution de 1830 ou il soutient le choix du nouveau Roi Louis Philippe. Il fut l’un des commissaires nommés pour conduire le roi Charles X à Cherbourg. Le nouveau roi le récompensa en le nommant procureur général à la cour des comptes et plus tard Pair de France.

Son fils Étienne de Schonen épousa Valentine Hennet de Goutel, leur fille Marie Thérèse épousa M d’Affry de la Monnoye dont une fille Marie devint la baronne de Saint Laurent, mère de 10 enfants et morte en déportation pour faits de résistance pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Albert de Schonen épousa Marie Montéage . C’est son oncle Jules Gorteau qui légua Boisgasnier à son décès en 1898 à la famille. Marie de Schonen mourut à la naissance de leur fils unique : André. Albert, ruiné depuis la guerre de 1870, seul, malade s’enferma dans sa propriété de Toulinet en Bretagne et mourut son fils étant âgé de 16 ans. André de Schonen épousa Louise de Felcourt d’une famille champenoise par son père et lorraine par sa mère. André partagea sa vie entre les sports et les arts. Il était champion d’escrime et champion de tir au pistolet et participa aux jeux olympiques de 1904. Il s’est engagé volontaire pour la guerre de 1914-1918 avec le grade de maréchal des logis de cavalerie. Il fut réformé en 1917 pour raisons de santé. Il mourut en 1933. André et Louise de Schonen furent les parents de 5 enfants dont nous descendons (ceux qui n’en descendent pas viennent d’Étienne de Schonen, frère d’Albert à l’origine des Saint-Laurent) : Hélène épousa Jacques de Beauchef de Servigny ; Jeanne épousa de Louis Coppier ; Olga (sp) ; Solange épousa Albert de Gantelmi d’Ille, Albert épousa en 1e noces Valedeta Grifeo di Partana et en 2e noces Yolaine de la Rochefoucauld.

Albert de Schonen diplômé en Droit et de l’Ecole Libre des Sciences Politiques se destinait à la haute administration lorsqu’éclata la deuxième guerre mondiale. Il est mobilisé en 1939 avec le grade de Lieutenant de cavalerie. Son attitude lui vaut la Croix de Guerre avec Palme. Par la suite il rejoindra le Général de Gaulle à Londres et participera à l’opération Jedburg. Il fut parachuté deux fois derrière les lignes ennemies pour coordonner l’action de la résistance avec les plans du haut commandement interalliés. Pour son action comme capitaine parachutiste de la France Libre, il lui sera décerné la Légion d’honneur et la « Military Cross » par le gouvernement Britannique. En Aout 1945, il commence une carrière de diplomate qu’il terminera comme Ambassadeur et qui le mènera à Dublin, Prague, Londres, Bruxelles, la Zambie, le République Centre Africaine, la FAO à Rome et la Nouvelle Zélande ainsi que dans le Pacifique. Il avait aussi été élu conseiller général d’Eure et Loir après la guerre. Sa carrière lui vaudra d’être Commandeur de la Légion d’honneur, Commandeur du Mérite nationale et Commandeur du Mérite agricole. Il décèdera à l’âge de 94 ans en 2007.

Par Gaëlle de La Roncière, Lyon le 28/02/2023


La famille de Saint Laurent



La famille de Saint Laurent constitue l'unique descendance d’Étienne de Schonen et a connu une part de destin tragique.

Des trois enfants d’Étienne, seule Marie -Thérèse s'était mariée, mais elle est devenue veuve prématurément car son mari, Emmanuel d'Affry de la Monnoye, est mort des fièvres à Majunga en 1895. Il était adjoint au commandant de l'artillerie de l’expédition militaire à Madagascar.

Sa fille Marie, née quelques mois avant, n'a donc jamais connu son père.

La famille d’Étienne de Schonen habitait Versailles mais venait l'été au Toulinet à Saint- Efflam en Plestin-les-Grèves, accueillie par Albert (qu'on va appeler l'ancien pour le distinguer de son petit-fils, l'ambassadeur). Il s'était fait construire une maison avec une vue magnifique sur la Lieue de Grève. C’est ainsi que la femme d'Étienne, Goum, découvrit, un jour en se promenant à cheval, le manoir du Leslac'h alors transformé en ferme. Étienne l'acheta sans tarder en 1898 et le fit remettre en état pour s'y installer.



On voit donc que c'est Albert qui est responsable de l'implantation de la famille de Saint Laurent à Plestin-les-Grèves,

Mais par quel mystère était-il venu à Plestin ?

D'après Albert (l'ambassadeur) il aurait été attiré par une dame, forcément très belle, parente de la famille de Kergariou et résidant au château de Lesmais en Plestin.

Marie d'Affry de la Monnoye, fille d'Emmanuel, épousa en 1918 le lieutenant d’artillerie Jacques de Saint Laurent né à Reims en1893.

Cet officier était élève de l’École Polytechnique quand la première guerre mondiale a éclaté. Il fut immédiatement envoyé au Front. Il avait, entre autres, deux particularités : n’ayant pas la langue dans sa poche, il n’hésitait pas à critiquer les options militaires de la France. Par ailleurs il n’avait aucun goût pour les mondanités. On comprend donc pourquoi il ne fut jamais honoré du grade de « général ». Il est vrai aussi qu’il était d’une santé très fragile et qu’il est mort prématurément en 1939 à 46 ans.

C’était un ingénieur, spécialiste en particulier de l’automobile, et il avait fabriqué avec des pièces de récupération une énorme voiture, baptisée « la Grosse Toto » pour transporter toute sa famille (10 enfants) ainsi que le personnel de maison. Il avait également installé l’électricité en son manoir du Leslac’h, grâce à un petit barrage sur le Yar permettant l’action d’une turbine.

C’était aussi, à ses heures perdues, un inventeur, mais très peu doué pour tirer profit de ses brevets.

A partir de 1919, son épouse exemplaire, fit preuve d’une indéfectible fidélité amoureuse en se lançant dans un parcours particulier de combattante, enchaînant enfantement sur enfantement jusqu’à 10 !

Marie chérissait beaucoup ses enfants et probablement davantage que son mari, plus intéressé par les engins mécaniques. Mais, malheureusement, elle en fut séparée brutalement et de manière tragique. En effet le 28 septembre 1941, un avion allié victime d'une avarie, fit un atterrissage forcé en pleine nuit sur la plage de Saint-Efflam juste en face du Toulinet. Encore un curieux clin d’œil du destin !

Les trois aviateurs purent s'échapper et se cacher chez les habitants du coin. Marie les accueillit au Leslac'h avant qu'ils ne soient acheminés clandestinement jusqu'à Nantes. Mais, peu de temps après, elle fut très probablement dénoncée et arrêtée par les Allemands. Déportée en Allemagne elle est décédée à Ravensbrück le 12 novembre 1944.


Voici donc la liste tant attendue des dix petits ou grands génies car, c'est bien connu, les Saint Laurent ont toujours méprisé la médiocrité. Remarquons toutefois que certains se sont révélés beaucoup plus brillants que d'autres mais on se gardera évidemment de dire lesquels !

1- Marguerite 1919-2020

Célibataire, appelée par tous « Maguy », décédée à 101 ans, record absolu dans la famille

Psychanalyste et peintre

Est devenue à 23 ans une courageuse chef de famille orpheline.


2- Jacques 1920-1945

Atteint d’une grave maladie et mort très jeune.


3- René 1921-2007

Marié à Caroline de Miribel, 6 enfants

Après l'arrestation de sa mère a rejoint clandestinement la deuxième division blindée du général Leclerc par l'Espagne et le Maroc. Puis entré à Saint-Gobain comme ingénieur verrier, il a gravi tous les échelons pour devenir ce que l’on appelle « un grand patron ».


4- François 1923-2000

Marié à Denise de Thé, 4 enfants

Lui aussi a dû se cacher après l’arrestation de sa mère en s’engageant dans le maquis des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur)

Ingénieur hydraulicien, il a eu connu son heure de gloire en obtenant son diplôme de médecine à 70 ans ! Bien sûr il n'a jamais exercé, mais cet exploit lui a surtout permis à l’époque d’être couvert de lauriers.


5- Térèse 1928-2011

Mariée à Marcel Louis

Après une expérience douloureuse comme religieuse dominicaine dont le couvent a été dissous par les autorités vaticanes, elle est devenue professeur de Lettres Modernes puis gérante de son camping près du Menez Hom dans le Finistère.


6- Michèle 1926-2003

Mariée à Gabriel Dechancé, divorcée, un enfant

Grande spécialiste des pagures et autres crustacés. Elle a identifié une espèce de crustacé qualifiée, comme le caelacante, de « fossile vivant » et l’a nommée neoglyphea inopinata. En hommage posthume, les chercheurs de la station biologique de Roscoff ont nommé Calastacus Laurentae une espèce de crevette récemment découverte.


7- Anne 1929

Mariée à Michel Desforges, divorcée, 3 enfants

Infirmière et astrologue patentée


8- Jean 1932

Après des études de médecine, l’a fort peu pratiquée et a suivi une carrière hospitalo-universitaire, s’occupant notamment d’imagerie par radio-éléments


9- Étienne 1934

Marié à Marie-Christine Émiry, 2 enfants dont l’un décédé jeune.

Professeur de lettres classiques et écrivain, malheureusement trop peu apprécié des éditeurs !

Président d'une association de défense de l'environnement.

Étienne dont Albert l'ambassadeur a soutenu qu'il ressemblait beaucoup physiquement à Albert l'ancien. Est-ce lui dont l'herbier est conservé au jardin botanique de Lyon qui lui a donné son goût des plantes au point de créer lui aussi un jardin botanique ?


10- Geneviève 1938-1982

Mariée à Gérard Brunet, 3 enfants

Géographe, décédée prématurément d’un accident de bicyclette.


Par Étienne de Saint Laurent






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