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dimanche 10 août 2014

D'un Hippolyte à l'autre...


L'actualité internationale et familiale se rencontrent… La Crimée et l'Ukraine sont à l'ordre du jour et du coup, nous nous rappelons qu'un certain 2 avril 1855 mourait devant Sébastopol le trop jeune Hippolyte de Saint-Laurent, notre ancêtre. Et ce n'est sans doute pas par hasard que le dernier-né familial (naissance le 4 juillet 2014 à 7:15 à Paris), fils de Jean-Baptiste et Louise Hazo, petit-fils de Claire de Saint-Laurent, arrière petit-fils de René, arrière-arrière petit-fils de Jacques, lui-même petit-fils d'Hippolyte, a été baptisé des prénoms d'Hippolyte Marie Idriss…

Sur le nouvel Hippolyte, ses parents ont composé une originale "Hippostory" illustrée, qui est téléchargeable sur ce lien. Souhaitons lui une carrière aussi brillante que son aïeul à la 6ème génération, mais évitant bien sûr une fin aussi prématurée. Longue vie au nouvel Hippolyte (photo ci-contre avec sa maman) !!!

Né en 1814, Hippolyte l'ancien était polytechnicien (X 1830, soit admission à 16 ans, ce qui est remarquable, cf. annuaire de la bibliothèque centrale de l'Ecole Polytechnique), comme son fils Gustave et son petit-fils Charles (appelé Jacques, son dernier prénom). Son père était officier de marine (Directeur des subsistances de la Marine), mais c'est sa grand-mère, Louise Touch, qui avait été célèbre pendant la période révolutionnaire pour avoir résisté aux émeutiers de Dunkerque (ce qui lui avait valu des remerciements de la Convention et une indemnité considérable pour l'époque de plus de 140 000 livres). Hippolyte intègre l'Ecole d'Application du Génie en 1834 et devient ensuite officier dans cette arme très technique. Il sert comme Aide de camp du général Dode de la Brunerie, président du Comité des Fortifications, puis comme Chef de Bataillon commandant le Génie de la 4ème Division. Enfin, il est appelé dans le corps expéditionnaire allié en Crimée, où il se fait bêtement tuer devant les murs de Sébastopol le 2 avril 1855 par un sniper russe (déjà) en voulant regarder au-dessus de son abri.

Les éloges qui pleuvent alors sur ce brillant officier n'étonneront pas : " Le commandant de Saint-Laurent était un officier de premier ordre, une tête pleine de combinaisons, puissamment organisée; il y avait en lui l'étoffe d'un excellent général du génie et, depuis son arrivée devant Sébastopol, son coup d'œil avait été parfait. C'était lui, on s'en souvient, qui avait désigné le Mamelon Vert, puis Malakof, comme moyens décisifs d'attaque. Il mourut au moment où sa désignation comme lieutenant-colonel allait lui parvenir" (Léon Guérin, Histoire de la dernière guerre de Russie 1853-1856, Paris 1858). Même les alliés anglais y mirent du leur : "Les Français ont éprouvé une grande perte. M. de Saint-Laurent, commandant des ingénieurs, a été mortellement frappé par une balle, lundi dernier, dans la tranchée de droite. Actif, plein de capacité et d'énergie et possédant une parfaite connaissance de sa profession, à laquelle il était dévoué, il a rendu des services-éminents dans la dernière période du siège. Il était estimé et respecté par ses frères d'armes des deux armées; aussi son convoi a-t-il été suivi par un grand nombre d'officiers anglais, et l'un de nos ouvrages les plus importants, construit par lui à Inkermann, a reçu son nom et s'appelle désormais la batterie Saint-Laurent." (The Times, traduction du Journal des débats politiques et littéraires). Pour ceux qui veulent en savoir plus, une notice sur Hippolyte de Saint-Laurent est téléchargeable sur ce lien. Bonne lecture !

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