Shula Troman, une grande amie des Saint-Laurent, est morte
le 4 février 2014 à 90 ans, à l’hôpital de Lannion. Elle repose dans sa maison
de Kerhalary, en Ploumilliau. Lors de l’hommage rendu le 7 février 2014 en présence
de sa famille et de nombreux amis, son fils Robin a présenté la vie de sa mère,
marquée par des rencontres inattendues et finalement heureuses. A Paris où sa
famille s’était réfugiée avant-guerre (venant de Pologne), la jeune Shulamith
Przepiorka détenait un passeport… palestinien, ce qui lui valu en 1941, à 17
ans, d’être internée à Vittel comme citoyenne britannique (la Palestine était
alors sous mandat britannique). Elle échappe ainsi à la déportation et à la mort
qui touche presque toute sa famille. Dans le camp d’internement de Vittel, elle
fait la connaissance d’un prisonnier anglais qui enseigne les arts plastiques
et la littérature aux détenus, Morley Troman. Morley et Shula se marieront à
Paris en 1946, Shula vivant comme artiste peintre et Morley écrivant
(dramatiques radio, pièces de théâtre, contes celtiques etc.) ou collaborant
aux émissions de langue anglaise diffusées par la RDF puis la BBC en tant que
critique d'art et de théâtre.
Autre rencontre, celle des Saint-Laurent en 1954, quand leur
petite voiture tombe en panne pendant les vacances en face du Leslac’h. Morley
et Shula deviennent vite amoureux de la Bretagne. Ils s’y installent (à la
Chaumière, au port de St-Michel-en-Grève) en 1956. Leur maison est toujours
ouverte, joyeuse, inventive, amicale, remplie de musique et de peinture… Plus
tard, Morley et Shula, qui ont besoin d’un peu de place pour les enfants (Robin
et Nanda), reprennent les ruines de Kerhalary et participent activement à la
vie locale. Shula (Sulamith, la Sunamite de la Bible) peint beaucoup et expose
dans la région et à Paris. Elle est aussi très présente à sa famille,
spécialement ses petits-enfants, et à tous ses amis. Morley meurt en juin 2000
après avoir beaucoup produit, lui aussi comme auteur dramatique et comme
sculpteur (sur bois et sur granit, cf. les belles statues de St-Michel,
Ploumilliau, Pluzunet etc.).
Lors de l’hommage du 7 février, Robin, Nanda, Ifig le
Troadec (gendre de Shula) et plusieurs de leurs enfants ont ému les personnes
présentes en interprétant de la musique celtique, yiddish, classique ou en
racontant des petits épisodes de la vie de Shula. La biographie établie par Robin figure ici. Marc de Saint-Laurent a lu un
témoignage de Maguy, téléchargeable ici. Adieu Shula, notre amie…
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